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Confinée … Et Passeuse

Confinée … et passeuse

Confiné chez soi, même avec l’immense chance de pouvoir télétravailler, il est difficile d’échapper au sentiment d’impuissance. Là-bas, tout près et pourtant très loin, il y a ceux qui s’activent : les soignants, les agents de sécurité, les travailleurs sociaux, les enseignants en lien avec leurs élèves, les caissières, les routiers, les agents de nettoyage, … Et derrière les fenêtres et les murs, ceux qui, comme moi, se disent que le ménage n’épanouit qu’un temps !

Les informations, néanmoins, circulent, dans notre petit monde berruyer. Je m’attache à être passeuse.

D’abord pour vérifier que des personnes connues n’ont pas besoin d’aide et leur donner mon “truc” pour les attestations de sortie : les découper dans le journal (une attestation de sortie découpée dans le journal permet … d’aller acheter le journal !).

Ensuite pour ne relayer sur Facebook que des informations officielles. Inutile d’ajouter de l’angoisse et de la confusion.

Puis pour indiquer aux collectivités dont je suis élue ma disponibilité. Le président du conseil départemental nous a demandé, en retour, d’enquêter sur les besoins des associations d’aide alimentaire de nos cantons. J’ai ainsi eu le plaisir d’entrer en contact avec l’Epicerie solidaire de Bourges nord, l’ADAA, la Banque alimentaire et son épicerie étudiante Esope et de vérifier que le Secours Populaire pouvait encore fonctionner.

Pour me mettre, aussi, à disposition de l’EHPAD de Bellevue dont je suis membre du conseil d’administration. Bellevue a trouvé les renforts en personnel nécessaires pour servir les résidents en chambre. Mais il y avait, la semaine dernière, une autre urgence : trouver des masques. Et à défaut, en fabriquer. On fait alors des gestes dérisoires : aller acheter dix mètres d’élastique – il en aurait fallu 80 ! -. J’inscris quoi sur l’autorisation de sortie ? Dérisoire, et potentiellement vital.

La situation des personnes sans domicile fixe est aujourd’hui très délicate. Les points d’accès à l’eau habituellement disponibles dans les stades et cimetières sont désormais inaccessibles. Alertée par un ami, j’ai fait remonter la question au CCAS grâce à Catherine Gréau, une administratrice à l’écoute.

Et puis c’est la situation d’un commerce ouvert fort tard la nuit et des attroupements à son abord que j’ai relayée auprès des autorités compétentes. On aurait pu, me semble-t-il, régler cela autrement que par un couvre-feu généralisé. Etrange, tout ce que l’on trouve “acceptable”, dans cette période … Au fond, c’est l’accompagnement des personnes souffrant d’addiction qui est, désormais, incroyablement difficile.

Le conseil départemental nous a donné quelques informations sur le traitement des subventions aux associations. J’ai fait suivre ces informations auprès des associations berruyères qui me semblaient être les plus directement concernées par les aides du département. Il s’en est suivi un certain nombre d’échanges chaleureux de nouvelles par mél. Merci à tous.

Mise en relation aussi entre le Châtelier, qui a fermé et dont une partie des personnels pourrait se rendre disponible, et le Centre Départemental de l’Enfance, toujours en flux tendu pour avoir le personnel nécessaire. Nous échangeons à cette occasion sur l’inquiétude que procure la situation de ces enfants renvoyés parfois brutalement dans leurs familles. Les éducateurs s’efforcent de garder le contact et ne cachent pas leur préoccupation.

Et voilà : demain, je pense reprendre contact avec le maire sur la question des marchés : une solution alliant activité pour les producteurs locaux (a minima) et sécurité sanitaire doit pouvoir être trouvée.

La photo ? Un petit canard découvert dans le pot d’une plante verte. Sans doute une trace laissée là, il y a plus d’un an, par des enfants de passage. Je n’avais jamais pris le temps d’ouvrir les yeux. Sourire intérieur …

 

 

 

Cet article comporte 1 commentaire
  1. Bonjour,

    Je lis sur votre blog que vous allez interpeller le maire sur le maintien des marchés, je vous remercie par avance de votre intervention.
    Si le confinement a paralysé une partie du pays, de nombreux maraîchers n’ont d’autre choix que de poursuivre leur activité. Question de survie.
    Est-il vraiment prouvé et évident que les risques de contagion sont plus élevés dans un marché en plein air que dans un supermarché fermé? Les risques de contagion sont-ils vraiment plus faibles pour des produits dont la chaîne de production nécessite une multitude d’intermédiaires ou pour des produits frais vendus en direct?
    Naturellement, il appliquer les gestes et les distances à observer pour l’endiguer, les commerçants éloignés les uns des autres, des bandes de marquage, des distances de sécurité et un sens de circulation au sein du marché avec une entrée et une sortie, ce qui serait réalisable dans le marché de halle au blé
    Malgré la mise en place de solutions alternatives, cela ne comble pas un trou conséquent dans la trésorerie des producteurs, et à une perte sèche de produits frais en attente d’être consommés.
    Ce serait sacrément utile que, pendant cette pandémie de réussissir à se reconnecter à ce qui est vital et prioritaire comme l’alimentation. Ça, ça serait une sacrée victoire.
    Je me permet d’insister auprès de vous, votre aide est importante.
    Cordialement
    J D

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