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Territoires zéro chômeur de longue durée

90 emplois créés depuis deux ans au cœur de la Nièvre, des personnes qui relèvent la tête, un territoire qui revit et même, un grand bond en avant pour la natalité dans le territoire : c’est le résultat, concret, tangible, de l’expérimentation Territoire Zéro Chômeur de Longue Durée, lancée début 2017.

J’ai traversé la Loire cette semaine, avec des adhérents de l’association Bourges++, pour aller découvrir “l’Entreprise à But d’Emploi” de la communauté de communes Entre Nièvre et Forêts, à Prémery. Dans cette entreprise d’un nouveau type, chaque chômeur de longue durée qui le veut peut y être embauché en CDI sur 35 heures pour faire le métier qu’il choisit d’exercer.

Que savez-vous faire ? Que voulez-vous faire ? Que ne voulez-vous pas faire ? Et, le cas échéant, qu’avez-vous envie d’apprendre à faire ?” : ces questions ont été posées, individuellement, à tous les chômeurs de longue durée de ce territoire rural formé de quelques communes. Ils étaient nombreux depuis l’effondrement de l’industrie rurale locale. Et c’est sur le site d’une ancienne usine que l’entreprise s’est réinstallée : recyclerie, bucheronnage, complémentarité avec les services d’aide à domicile, réparation de vélos et motoculteurs, … les activités sont multiples.

Ce type d’entreprise qui bénéficie du reversement de ce que les demandeurs d’emploi recevraient s’ils étaient restés au RSA ou au chômage, avance encore en tâtonnant, au jour le jour. On y devient animateur d’équipe quand l’équipe grossit, que le besoin se fait sentir et que des compétences, parfois enfouies, se révèlent. On y devient en charge des ressources humaines. Ou de la logistique. Ou de la “stratégie commerciale” qui, pour exemple, établit le prix de vente de la stère de bois au prix du travail au noir et, ainsi, le résorbe. Car tout le monde, travailleurs comme clients, a alors intérêt à passer par l’EBE. Pas “d’encadrants techniques”, comme dans les ateliers et chantiers d’insertion mais des personnes qui construisent leur propre organisation et leurs emplois.

Ce projet a besoin du fort investissement des collectivités locales. Pour repérer les “emplois utiles” comme pour aider financièrement au démarrage. Mais compte-t-on assez ce que rapporte au territoire des familles qui vont bien et des enfants heureux ?

Nous allons continuer nos contacts avec ce réseau pour apprendre d’autres lieux d’expérimentation, notamment urbains. L’innovation de demain ne sera pas seulement technologique. Elle sera aussi organisationnelle et humaine.

 

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