Irène Félix

Conseillère départementale du Cher, Conseillère municipale de Bourges

Que veut la gauche ?

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La situation met la gauche – et donc les socialistes, et donc chaque militant, et aussi chaque électeur de la gauche – devant un choix qui me paraît aujourd’hui assez restreint.

On ne change rien. Le PS s’acharne à prendre des pouvoirs locaux et nationaux dans lesquels il s’épuise, le pouvoir politique ne pouvant décidément plus, seul, changer le monde. Les autres partis de gauche et écologistes s’acharnent à l’en empêcher. On nourrit la dérision et la désillusion. On se retrouve scrutin après scrutin avec un FN systématiquement présent et bien placé pour le deuxième tour. Pour lui faire barrage, les partis républicains doivent regrouper leurs forces. On glisse vers une sorte de bipartisme FN – bloc républicain. Ceux qui pensent, à gauche, que des responsables de centre gauche pourraient devenir leader de ce bloc républicain me semblent plein d’illusion. C’est sans doute le cas du Premier Ministre. Il n’est pas écrit que le front républicain résiste systématiquement face au FN.

La gauche se rassemble, enfin. Cela veut dire unir nos forces dans un rassemblement que nous ne connaissons pas encore, quelque chose de la « Maison commune » proposée par JC Cambadélis, quelque chose de différent. La gauche s’engage, agit, pas seulement dans les mandats locaux et les collectivités publiques mais partout, dans l’économie, dans le champ syndical, social et associatif. Elle construit. Alors, peut-être, peut-elle rester une alternative politique face à la droite et à l’extrême-droite.

Je ne pense pas que nous ayons beaucoup de temps à perdre pour choisir. Nous aussi, localement, nous pouvons participer à faire mouvement.

 

4 Commentaires

  1. le pouvoir politique ne pouvant décidément plus, seul, changer le monde. Les autres partis de gauche et écologistes s’acharnent à l’en empêcher.

    Ah bon ? C’est les autres partis de gauche qui empêchent Hollande depuis trois ans de changer le monde ! Vraiment n’importe quoi. Pour le reste, les propositions de Cambadélis sont du bla-bla pour donner le change. La véritable politique du PS, c’est Macron qui la fait en ce moment même, en préparant la liquidation des retraites par répartition et la mise en place de fonds de pension. Voilà. Ca c’est de l’action politique, et elle va dans l’intérêt des dominants, de ceux qui en quelques années ont fait passer 10 % de la plus-value de la poche des salariés vers celle des détenteurs du capital.
    Blum disait que les socialistes étaient des gestionnaires loyaux du capitalisme. Les socialistes de 2015 sont devenus des gestionnaires zélés du capitalisme. Et tout le reste n’est que littérature.

  2. Vous ne savez pas lire, camarade. Dans mon message, je n’écris pas que les autres partis de gauche empêchent les socialistes de changer le monde. Je constate que le pouvoir s’est assez largement déplacé du pouvoir politique au pouvoir financier, ce qui est un frein considérable pour qui a encore l’espoir de changer le monde. Et je constate, par ailleurs, que les autres partis de gauche s’acharnent à empêcher le PS de gagner des élections. Ils y réussissent d’ailleurs assez bien. Le problème (pour eux) est que, ce faisant, ils les perdent aussi. Et le problème (pour le pays), est que au total, cela nous met dans la situation que je décris, dont nous sommes collectivement responsables, à savoir de nous acculer au bipartisme FN/bloc républicain. Dans ce schéma, je ne pense pas que ce soit la gauche modérée qui soit à terme majoritaire. C’est sans doute l’objectif d’une partie de la gauche de la gauche, ce n’est – entendez-le – pas le mien. D’où l’alternative à laquelle je nous invite (je vous invite) à travailler.

  3. « La gauche s’engage, agit, pas seulement dans les mandats locaux et les collectivités publiques mais partout, dans l’économie, dans le champ syndical, social et associatif. »
    Quelle plaisanterie. Alors que vous n’avez même pas la volonté de faire respecter la loi, cad l’égalité pour tous devant l’impôt, en luttant par exemple efficacement contre les paradis fiscaux. cf. : http://www.alterecoplus.fr/economie/le-gouvernement-bloque-en-pleine-nuit-un-outil-anti-paradis-fiscaux-201512161612-00002776.html

    Cette façon d’opposer le local et le global est un écran de fumée destiné à nous faire croire qu’il y a encore quelque chose qui résiste au PS. Oubliez vous que Cambadélis était le bras droit de l’ex directeur du FMI ?

    Je note que vous n’avez pas répondu sur l’offensive Macron sur l’avenir des retraites par répartition.

  4. Je ne vais pas vous faire un cours de français mais … je vais quand même le faire. Dans mon propos, j’envisage deux hypothèses pour la gauche. La première et … la seconde. Ce sont des hypothèses. L’emploi du présent de l’indicatif n’indique pas dans ce cas de figure que la situation décrite soit la réalité du moment. Je ne pense effectivement pas que la gauche agisse actuellement de façon coordonnée et cohérente « dans les mandats publics, l’économie, le champ syndical, social et associatif ». Je fais comme vous ce constat de carence et je pense qu’il est dommageable. Je pense que ce serait mieux si c’était le cas c’est à dire si les gauches pouvaient partager une vision de l’avenir. On en est assez loin, si j’en crois l’agressivité de vos réactions. Nous risquons donc, vous et nous, de nous retrouver bien seuls, chacun de notre côté. L’histoire montre que vous vous retrouverez encore plus seuls que nous. C’est dommage de faire ce choix.
    Les retraites par répartition sont aujourd’hui préservées pour ma génération, celle des cinquantenaires, à un coût fort. Le problème risque effectivement de se reposer pour les générations suivantes, très affectées par le travail « en miettes » et les statuts (salariés, travailleurs indépendants, …) successifs. Le problème, c’est moins les déclarations de tel ou tel qu’une réalité du travail qui a beaucoup évolué, qui s’est, elle aussi, « ubérisée ». Vous pouvez bien sûr considérer que les socialistes en sont absolument et exclusivement responsables ce qui serait évidemment faux. Parlez-en autour de vous dans la génération des vingt et trente ans, peut-être ont-ils sur ce point un autre regard que vous.

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