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Plan Local d’Urbanisme Intercommunal : est-on à la hauteur des enjeux ?

Le conseil communautaire de ce lundi examinait les orientations à retenir pour le futur Plan Local d’Urbanisme Intercommunal de Bourges Plus. Ces orientations sont rassemblées dans un document appelé Plan d’Aménagement et de Développement Durable, très encadré par la loi.

Que retenir ?

Le plan, assez scolaire, retient cinq axes, que je synthétise : confirmer le rôle structurant de Bourges Plus à l’échelle du Cher ; soutenir le développement économique ; renforcer l’attractivité résidentielle ; améliorer les dessertes du territoire et les conditions de mobilités durables ; poursuivre la transition économique et énergétique du territoire. En apparence, rien que de très consensuel ?

Oui et non : le principal reproche que je fais à ce document, c’est l’ordre dans lequel ces sujets sont traités. La priorité, aujourd’hui, c’est d’affirmer le choix de la transition économique et énergétique. En fixant ce cap, on s’oblige à innover pour assurer “en même temps” le développement des emplois, des logements et des mobilités. C’est possible. Mais c’est perdu d’avance si on n’inverse pas les priorités.

Des exemples : le potentiel économique du développement du pôle de la gare a disparu alors que de nombreux développement insistent sur les souhaits d’extension des zones d’activités économiques à l’extérieur de la ville ; le développement d’emplois de services aux entreprises est escamoté et les opportunités de création de richesses et d’emploi dans l’économie circulaire ou la transition énergétique ne sont pas citées. Dans le domaine du logement, la rénovation dans les centres bourgs est cité comme objectif général, un peu vague, alors que la liste des zones d’aménagement des différentes communes est nommément établie : cela en dit long sur les priorités, dans les esprits et dans les faits. Le développement du “bus à haut niveau de service” en reste au stade des études de faisabilité. On entend “préserver et renforcer l’offre de commerce de proximité” mais aucun levier efficace pour atteindre cet objectif n’est cité.

Le deuxième reproche est l’absence totale de dimension sociale dans les objectifs affichés. Les inégalités d’accès aux services, dus à la géographie, à l’âge, aux ressources, aux handicaps, ne sont pas traitées. Les modalités de prise en compte de “parcours résidentiels des habitants par des logements diversifiés” ne sont pas précisées : compte-on le faire à l’échelle de l’agglomération, avec un risque de ségrégation des populations ? ou à l’échelle de chaque quartier, pour assurer la mixité ? La question n’est pas traitée.

Enfin, nous notons avec beaucoup de circonspection la volonté de protéger les captages d’eau : cette orientation venant en toute fin du document, on craint qu’elle ne pèse pas très lourd quand il faudra arbitrer entre les enjeux …

A suivre, sur un dossier sur lequel, depuis plus de dix ans, les socialistes sont mobilisés.

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