Irène Félix

Conseillère départementale du Cher, Conseillère municipale de Bourges

05/08/2017
de irenefelix
Un commentaire

Une ville en France : Landerneau

Landerneau : 15 000 habitants. Communauté de communes du Pays de Landerneau Daoulas : 22 communes, 47 000 habitants.

« C’est Picasso ».
Nous sommes un jour de semaine, il est midi et c’est le deuxième restaurant qui affiche complet. On me fait comprendre que je vais peiner à trouver une table. Presque un reproche.

La fondation Hélène et Edouard Leclerc pour la culture propose une riche et inédite exposition de la collection privée de la dernière femme du peintre. En ce jour d’été (pluvieux), l’effet d’attraction opère à merveille. Queue à l’entrée, visiteurs proches ou lointains, toutes générations confondues, dans les rues. Famille d’entrepreneurs bretons emblématiques, Hélène et Edouard Leclerc ont écarté la tentation d’être bâtisseurs pour investir l’ancien couvent des Capucins, au cœur de la ville. Le lieu ainsi remis en valeur complète la visite de la cité, un joyau en Bretagne.

Le flux de visiteurs de la fondation suffira-t-il à maintenir en vie le très actif centre commerçant qu’a été Landerneau avant qu’ici comme ailleurs, le commerce des grandes surfaces dont le même Edouard Leclerc a été pionnier ne vienne le fragiliser ? L’histoire le dira. On constate avec plaisir que certains commerçants ont su saisir la balle au bond, affichant Picasso en vitrine des librairies ou proposant des ateliers de peinture aux enfants à partir de l’œuvre du peintre. On apprécie aussi les renvois de la fondation vers les autres centres d’art du Finistère (La Passerelle à Brest, Trévarez, Daoulas) : ici, public comme privé, on pense en réseau.

On peut avoir des avis contrastés sur ce que la famille Leclerc a produit en prenant, après guerre, le flambeau de la « défense des consommateurs ». En ce moment où se tiennent les Etats-generaux de l’alimentation, il y aurait matière à débattre. Là n’est pas aujourd’hui mon propos. Ce que je retiens, c’est le choix d’une famille qui a économiquement brillamment réussi d’investir pour le développement culturel de son territoire d’origine. Une déclinaison de la responsabilité sociale des entreprises.

En écho avec les partenariats affichés à Chartres pour la mise en valeur de la ville, il me semble qu’il y aurait matière à une réflexion dans les cercles économiques berrichons.

02/08/2017
de irenefelix
0 Commentaires

Une ville en France : Chartres

Chartres : 38 000 habitants. Agglomération Chartres métropole, 46 communes, 122 000 habitants.

J’ai dévié ma route pour me rendre compte des évolutions de la ville de Chartres, souvent louées par les commerçants berruyers.

Nous sommes un samedi soir de juillet, la ville est investie par les touristes, nombreux. Les restaurants autour de la cathédrale affichent complet.

Splendide cathédrale classée au patrimoine mondiale de l’UNESCO, sublimes vitraux, mise en lumière des bâtiments remarquables : Bourges et Chartres partagent des atouts comparables. On a cependant le sentiment que Chartres les met plus efficacement en valeur.

Chartres en lumière propose des illuminations animées et régulièrement renouvelées. Les avis esthétiques sur ce type de mise en scène peuvent être partagés : on ne peut nier que cela rassemble un large public dans une promenade nocturne qui fixe les touristes pour une ou plusieurs nuits sur place. J’apprécie particulièrement les tableaux plus contemporains – mais aussi moins contraints par l’imposante architecture – des bords de l’Eure. Chartres en lumière, porté par la ville de Chartres, bénéficie d’un large partenariat privé. Il faudrait connaître la clé de répartition financière. Un site dédié invite à la découverte autant qu’à l’élargissement du partenariat.

Le centre ville est remarquablement entretenu. Le parti pris en matière de traitement des façades, avec un rendu très lisse et très « propre » renvoie une impression de propreté, presque village de poupées. Pas une trace de poubelle en ce samedi soir. Quelques immeubles récents sont discrètement insérés dans le tissu ancien : a-t-on réussi à proposer un confort contemporain dans la trame ancienne de la ville ? Il faudrait le vérifier. Les espaces verts, en revanche, sont assez médiocrement valorisés : on ne peut sans doute pas être partout.

Je n’ai pas repéré de vitrine commerçante vide lors de mes pérégrinations. Il semble pourtant que le commerce soit, comme ailleurs, assez fragile. Mon hôtesse souligne les changements d’enseignes fréquents et des implantations très temporaires. Sans doute. Au moins l’impression générale est-elle préservée.

Le secteur piétonnier est vaste, bordé de parkings souterrains très proches. L’hôtel de ville est en cours de reconstruction : dans le contexte actuel concernant les collectivités locales, c’est un signe indéniable d’aisance.

Il y a forcément un envers du décor. L’endettement de la ville a fortement augmenté au cours des dernières années. Mais, à la différence de ce que nous connaissons à Bourges, il était tellement bas qu’il reste largement soutenable. Il faudrait, bien sûr, compléter le regard en allant voir ce qui se fait pour la population en dehors de l’activité touristique et comment on vit dans ce si beau cadre. Ma visite ne s’y prêtait pas.

Je jette un coup d’œil, au hasard, sur les arrêtés municipaux et intercommunaux : un vice-président de l’agglomération vient de se voir retirer ses délégations pour « divergence d’appréciation » … Toute ressemblance, etc.