Irène Félix

Conseillère départementale du Cher, Conseillère municipale de Bourges

15/10/2017
de irenefelix
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Colloque du CODERPA : se déplacer coûte que coûte

Le Comité Départemental des Retraités et Personnes Âgées du Cher réunissait en début de mois son colloque annuel, sur le thème de la mobilité. Comme d’habitude, les interventions étaient de qualité pour faire le point sur la sécurité, la santé, les aides techniques et les alternatives possibles.

J’ai retenu quelques points : les plus de 60 ans représentent 30 % des 20 automobilistes morts chaque année sur les routes du Cher, une proportion un peu plus grande que leur part dans le département. Ce sont les plus de 75 ans qui sont le plus touchés, sans doute parce que, plus fragiles, ils survivent moins bien à leurs blessures. Mais le chiffre qui a le plus attiré mon attention concerne les piétons : les neuf piétons décédés l’an dernier dans le Cher avaient tous plus de 60 ans et, pour huit d’entre eux, plus de 75 ans. Rendre la ville agréable aux aînés, apporter de la sécurité pour traverser les rues, dégager les trottoirs : toutes choses d’intérêt public dans une société vieillissante. Il était d’ailleurs intéressant de noter que beaucoup de réactions de la salle ont porté sur ces points. La ville de Bourges était interpelée : elle était absente.

Or il faut sortir : l’intervention de Madame Vigier, garagiste à côté de Vierzon et spécialisée dans l’aménagement de véhicules pour personnes handicapées ou personnes âgées était tout à fait passionnante. La personnalisation des véhicules est possible, l’adaptation à une nouvelle conduite nécessitant, toutefois, un peu de temps et d’attention.

Sortir, c’est aussi se faire accompagner. Outre le réseau de bus régional, Rémi, qui remplace Lignes 18, on peut faire appel à un service individuel. Ne pas hésiter à se renseigner auprès des caisses de retraite sur le dispositif sortir plus, réservé aux plus de 80 ans.

Et le département dans tout ça ? Il écoute mais ne propose guère. Nous avions pourtant, dans le schéma départemental des personnes âgées adopté début 2015 à l’unanimité, retenu le principe d’intégrer des aides à des déplacements individuels dans le cadre de l’Allocation Personnalisée d’Autonomie. Cela devrait être d’autant plus facile que les plafonds d’aide ont été relevés et que le nombre de personnes sollicitant l’APA étant en baisse, la marge budgétaire existe.

Je regrette vivement qu’il n’en soit rien.

12/10/2017
de irenefelix
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Cour d’appel de Bourges : rester vigilant

C’est un serpent de mer qui revient à chaque changement de gouvernement, surtout quand la droite est au pouvoir. Menacée sous Sarkozy par la réforme Dati, préservée sous Hollande par Christiane Taubira qui avait justement jugé plus important de s’intéresser au fond plutôt que de jouer aux dominos avec la carte judiciaire, la cour d’appel de Bourges est de nouveau sur le grill.

Il est affirmé à ce jour qu’aucune cour d’appel ne fermera. Prenons-en acte. Mais aussi que le statu quo n’est pas envisagé. Qu’est-ce que cela signifie ?

La réorganisation des administrations publiques est une question qui ne peut pas se traiter administration par administration, chacune « optimisant » sa carte. Parce que le résultat, nous le connaissons : c’est la fermeture de services de proximité dans les communes rurales, la fermeture des services intermédiaires dans les bourgs et la fermetures des administrations supérieures dans les villes moyennes, le tout laissant un tissu rural désert et des villes moyennes en déclassement. La Poste, les gendarmeries, les trésoreries, les centres de secours, les tribunaux d’instance, maintenant les collèges, puis les trains, les hôpitaux, les cours d’appel, les sites d’enseignement supérieur, …

Le Président de la République prétend aimer la pensée complexe : c’est le moment de s’en servir. Il faut être capable de penser un maillage qui concourt à l’optimisation de la fonction concernée « et en même temps » à l’optimisation sociale et territoriale. Et donc accepter des compromis pour optimiser au mieux un ensemble de cibles plutôt que de ne travailler que sur une seule cible au détriment de toutes les autres. Duflot, d’une part, Valls, d’autre part, avaient amorcé cette réflexion au cours des dernières années.

C’est pourquoi les propositions qui ont été faites par des professionnels du droit dans le Cher doivent être étudiées : la cour d’appel de Bourges doit-elle garder son périmètre actuel (Indre – Cher – Nièvre) ou peut-elle s’élargir vers l’Indre-et-Loire, alors que la cour d’appel d’Orléans, dont dépend aujourd’hui l’Indre-et-Loire, est saturée ? Doit-elle se spécialiser pour avoir un rayonnement plus large sur un thème précis ? A quelles conditions peut-on l’envisager ?

C’est en tous cas le type de réflexion que j’attends de la part du gouvernement mais aussi de l’ensemble des élus et acteurs locaux qui ne doivent pas rester inertes.