Irène Félix

Conseillère départementale du Cher, Conseillère municipale de Bourges

Finances et budgets

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Les conseils municipaux, communautaires et départementaux se succèdent. Partout, on parle budget, avec des spécificités propres à chacune de ces collectivités.

A Bourges Plus, qui a ouvert le bal, j’ai attiré l’attention des conseillers communautaires sur l’évolution des recettes de la collectivités : certes, les dotations de l’Etat sont en baisse (- 600 000 € sur trois ans). Mais les hausses de fiscalité font largement mieux que compenser cela (+ 2 M € dont plus de 1,5 M € hors hausse des taux sur la taxe d’enlèvement des ordures ménagères). Cela veut dire quoi ? Cela signifie que la loi a donné la possibilité à l’agglo de disposer d’une ressource fiscale qui augmente « toute seule », du seul fait de l’évolution de l’activité locale et de la revalorisation des bases de calcul par l’Etat. Bref, l’Etat baisse ses dotations mais il en a prévu, d’une certain manière, la compensation. Elle vient pour une grosse partie des entreprises.

C’est un peu la même chose pour la ville, mais la situation reste plus difficile. Au Conseil municipal, j’ai demandé trois audits : un audit des finances de la ville ; un audit du patrimoine de la ville (dans quel état sont nos routes, nos écoles, nos gymnases et … nos piscines ?) ; et un audit sur la conduite du projet de la Maison de la Culture. Le Maire a enfin accepté de lancer le premier audit. C’est une bonne chose : il doit donc enfin considérer que nous faisons des propositions utiles, c’est un progrès ! Faire la clarté sur la gestion passée et présente me semble indispensable. Pendant ce temps, la dette de la ville continue de croître : elle est passée à Bourges de 1292 €/habitant en 2007 à 2073 €/habitant en 2014 alors que, dans des villes de même taille, elle passait de 1213 à 1282 €/habitant au cours de la même période. Au total, le montant de la dette de la ville est désormais de 142 528 000 €. Conséquence de cela, le Maire réduit drastiquement les activités périscolaires. Il y aurait de moins mauvais choix.

Enfin, aujourd’hui, au Conseil départemental, c’est la nouvelle majorité de droite qui avait commandé un audit pour critiquer notre gestion. Sans grand succès, l’audit étant particulièrement pauvre et émaillé de coquilles. Mais on a bien retenu les menaces qui pèsent sur l’action départementale : trop de places ouvertes pour les personnes handicapées, ça coûte cher ; trop de dépenses pour les personnes âgées, il va falloir réduire le personnel ; trop de pauvres et l’insertion est inutile ; et bien sûr, trop de personnel (qui ? les sages-femmes ? les éducateurs ? les agents des routes ? les assistantes sociales ?) ; …

Les discours sont clairement à droite. Attendons de voir, dans les actes, si la droite choisira de faire des coupes sombres ou si, face à l’évidence des besoins, elle reculera. A suivre.

 

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