Irène Félix

Conseillère départementale du Cher, Conseillère municipale de Bourges

Contrats aidés : les réduire drastiquement est une faute

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Halte au mépris ! Les contrats aidés ne servent pas à rien. Après de nouvelles rencontres avec des personnes qui ont été en contrat aidé et un week-end passé avec les associations berruyères, j’en suis toujours aussi convaincue.

Ces contrats servent aux salariés qui trouvent ainsi un travail après des ruptures plus ou moins longues. Ils servent aux employeurs, souvent des collectivités ou des associations, qui confient aux personnes employées des missions utiles. Il semble même qu’ils servent à l’Etat, en particulier dans l’Education nationale et les hôpitaux.

Au conseil départemental, c’est une politique que j’avais particulièrement soutenue. Pour une raison simple : la meilleure façon de permettre l’insertion professionnelle des personnes sans emploi, ce n’est pas de les orienter vers des stages multiples. C’est de leur fournir un emploi. Et c’est à partir de l’emploi, dans l’emploi, que la formation est possible et qu’elle prend son sens pour le salarié. Pas hors de toute perspective. C’est ainsi que nous avons autorisé des embauches, dans le secteur médico-social, pour l’entrée en emploi puis en formation de jeunes afin de répondre aux besoins en personnel dans les établissements pour personnes âgées du Cher. Ainsi que nous avons recruté au sein des services départementaux en nous attachant, à chaque fois que possible, à accompagner le parcours des personnes recrutées pour aller vers des titularisations. Ainsi que nous avons veillé à ce que les salariés embauchés en contrat aidés aient un accompagnement effectif par un tuteur dans l’entreprise.

Ca ne marche pas à tous les coups ? Non, effectivement. C’est difficile l’insertion professionnelle. Ca marche mieux quand on peut rebondir ensuite sur un emploi. Le marché de l’emploi va un peu mieux, ce n’est précisément pas le moment d’arrêter.

Les spécialistes de l’insertion professionnelle des personnes qui n’ont pas travaillé de longue date le disent : le cursus « classique », « logique », formation initiale, diplôme, emploi, est inopérant quand la rupture est trop forte avec le monde du travail. Oui, la formation est utile et il serait bien utile que les employeurs aient de grandes ambitions, de long terme, pour la formation de leurs salariés. Mais opposer formation et contrat aidé, c’est taper à côté de la cible.

Une partie des contrats aidés sont conclus directement par Pôle emploi avec les employeurs d’une part, les jeunes et les chômeurs de longue durée, non allocataires du RSA d’autre part. Une autre partie est conclue par le Conseil départemental avec les employeurs et les allocataires du RSA. Pour cela, le conseil départemental doit préalablement négocier une « enveloppe » – c’est-à-dire un nombre – de contrats avec l’Etat. C’est une négociation que, chaque début d’année, je menais personnellement avec les représentants de l’Etat dans le Cher pour obtenir, pour les allocataires du RSA, une enveloppe à la hauteur de notre ambition. Soit plus de 200 conventions par an (hors chantiers d’insertion). Certaines années, en particulier sous des gouvernements de droite, ces négociations ont été épiques. Je n’ai jamais lâché.

Dans le Cher, le conseil départemental a diminué ses ambitions pour les allocataires du RSA. On est passé en deux ans à 150 contrats environ soit une perte de 25 %. Une politique de droite.

Comment qualifier, alors, la politique menée par le gouvernement qui réduit, pour tous, les financements de ces contrats ?

J’espère une pression forte et je soutiens les initiatives associatives multiples pour que les élus de la nouvelle majorité prennent conscience du mauvais sort fait à des gens qui ne sont pas rien et à des services – école, hôpital, culture, sport – qui sont tout pour beaucoup d’entre nous.

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