Irène Félix

Conseillère départementale du Cher, Conseillère municipale de Bourges

Conseil municipal : quelle police municipale ?

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Le Maire de Bourges avait choisi d’ouvrir le débat en fin de conseil sur l’armement de la police municipale. Le débat était de bonne tenue. Je me suis exprimée au nom du groupe socialiste, sans balayer le sujet mais en proposant de recentrer le débat sur le rôle de la police municipale.

Nous avons deux impératifs : répondre à l’aspiration à la sécurité et à la tranquillité de nos concitoyens ; assurer la sécurité des agents municipaux en contact avec la population, et particulièrement des policiers municipaux.

Autant nous avons tous apprécié la réactivité indispensable face aux attentats de la part du Président et du gouvernement, autant rien ne semble justifier la précipitation concernant la police municipale berruyère. Au demeurant, former des agents au port et au maniement des armes prend du temps. La réflexion, affirmait le Maire, n’était pas en lien avec les attentats. Dès lors, il aurait sans doute été préférable de la tenir à un autre moment, plus serein.

La question à poser est celle des missions de la police municipale. La question du port d’arme peut éventuellement – mais pas forcément – venir à l’issue de cette réflexion. Elle ne peut en être le point de départ.

Que constatons-nous ? Tous les acteurs locaux le disent : la coopération entre Police nationale et police municipale est « bonne » à Bourges. Mais ce qualificatif ne cache-t-il pas un glissement de tâches de plus en plus net de la Police nationale, en sous-effectif, vers la police municipale ? N’expose-t-on pas les agents municipaux dans des situations de plus en plus délicates dans lesquelles ils regrettent de ne pas disposer d’une arme ? Les armer, est-ce acter qu’ils sont, comme les policiers nationaux, une cible pour les délinquants ? Ou n’est-ce pas prendre le risque de les exposer plus encore ? Oui, je le crois, l’Etat doit assumer ses propres missions.

Du côté municipal, il y a assez de missions de prévention et médiation, pour une utilisation sereine et partagée de l’espace public, qui pourraient jouer un rôle efficace en matière de tranquillité publique, de prévention et de repérage des activités délictueuses ? Nous avions proposé de faire évoluer les missions de la police municipale en ce sens, qui aurait sans doute permis d’éviter le débat sur l’armement des effectifs. Il n’est peut-être pas trop tard pour le faire.

Il est intéressant de noter que les citoyens, même bouleversés par les attentats, ne plébiscitent pas unanimement l’idée de l’armement de la police municipale. Un référendum sur ce sujet, tenu à Beauvais – ville de droite – après les attentats de janvier avait rejeté un tel projet.

Nous souhaitons donc que la municipalité prenne le temps d’une réflexion sereine et dépassionnée. Et s’il est des domaines dans lesquels il ne faut en aucun cas désarmer, c’est bien la vie associative, la prévention, l’éducation et la défense de la laïcité.

 

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