Irène Félix

Conseillère départementale du Cher, Conseillère municipale de Bourges

Bourges Plus : un conseil bien terne

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Le conseil communautaire de ce soir était conséquent, avec le vote des comptes administratifs et des budgets supplémentaires qui en découlent. Il n’aura pourtant fallu que deux heures et demi pour tout boucler, dans une ambiance bien terne où on décelait chez le Président et les membres du bureau une folle envie d’en finir rapidement.

Il faut planter la scène pour comprendre ce qui se joue. Dans un conseil communautaire désormais réduit et dont un certain nombre de membres manquaient à l’appel, il y a maintenant autant de membres du bureau que de simples conseillers communautaires. Ce soir, ils étaient 18, alignés sur la table présidentielle à faire face à 20 conseillers. Le débat est derrière eux. Le conseil communautaire leur paraît secondaire. C’est à voir.

Deux dossiers ont particulièrement attiré mon attention.

Le budget de l’eau et de l’assainissement et les rapports d’activité correspondants : il y a là des sujets qui méritent intérêt et dont les habitants de l’agglomération pourraient s’emparer en raison des enjeux qu’ils portent. J’y reviens dans une prochaine note.

Le protocole de préfiguration du prochain programme de renouvellement urbain : c’est un dossier très important pour la rénovation urbaine sur les Gibjoncs, le Moulon et la Chancellerie. Le bilan des dix dernières années est paradoxal : la rénovation urbaine a eu lieu, les espaces sont nettement améliorés, les équipements publics rénovés, l’habitat modernisé. Mais les chiffres sont sans appel : le quartier est encore plus pauvre qu’avant et les personnes immigrées encore plus nombreuses. Rien donc n’a permis de faire progresser l’idée de mixité. Il est difficile de savoir si la construction de pavillons a accompagné l’aspiration des familles à l’habitat individuel ou si elle l’a stimulée. Le constat aujourd’hui, c’est que l’habitat collectif est disqualifié aux yeux de beaucoup et que la vacance (les appartements vides qui ne se louent pas) continue de grever les comptes des bailleurs publics.

Les propositions pour le nouveau plan sont intéressantes – par exemple l’engagement à rénover non seulement l’extérieur des immeubles mais aussi les appartements eux-mêmes. D’autres auraient mérité précision : quelle prise en compte des copropriétés en voie de dégradation ? que doit-on entendre par « politique de peuplement » ? quel projet autour de la gare ? quel rôle pour les conseils citoyens ?

Pas de réponse, pas de débat possible en conseil.

Dossier à suivre avec les habitants et leurs représentants.

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