Irène Félix

Conseillère départementale du Cher, Conseillère municipale de Bourges

Bourges Habitat : un office HLM au bord de la cessation de paiement

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Pour Bourges Habitat, il n’y a plus que deux solutions : la liquidation qui laisserait à la ville la charge des 98 millions d’euros d’emprunt qu’elle a cautionnés et des 33 millions d’euros d’intérêt qui y sont liés ; ou un plan de redressement qui nécessite de réinjecter au moins 45 millions d’euros sur dix ans et qui passe par le rapprochement avec l’OPH du Cher.

La première solution serait, évidemment, intenable : financièrement, pour la ville ; socialement, pour les personnels et les habitants ; du point de vue urbain, pour la ville entière qui verrait sans doute des immeubles longuement abandonnés.

Le chemin pour la seconde solution doit être trouvé, sans déstabiliser l’OPH du Cher qui sort, lui-même, d’un plan de redressement. Cela coûtera cher. Encore une fois.

Le conseil départemental met donc ses conditions au rapprochement. L’agglomération, désormais en responsabilité pour l’OPH met les siennes : elle n’est pas caution des dettes anciennes et n’entend pas supporter seule les errements de la droite berruyère. On pourrait opposer aux communes voisines qu’elles ont laissé Bourges bien seule, pendant des décennies, assumer l’accueil du logement social. Mais on peut aussi comprendre des élus péri-urbains agacés de voir Bourges leur « refiler » – ou essayer de le faire – tous ses dossiers en péril (office de tourisme, palais des sports, maison de la culture, …).

Seule Bourges ne met pas de condition : c’est ce que j’ai souligné vendredi en conseil municipal. C’est bien le signe que la ville, dos au mur, n’est plus guère en situation d’en imposer. Car la responsabilité des équipes municipales et des équipes de direction de l’office, depuis plus de vingt ans, est criante. Deux plans de redressement ont déjà eu lieu, en 1998 et en 2005. Le Plan de Renouvellement Urbain (370 millions) a largement contribué à détruire, rénover et reconstruire dans le but de réduire le nombre de logements vides. Des sommes considérables semblent avoir été mises à fonds perdus dans un panier percé …

Différentes études ont été commanditées pour y voir clair. Ces études n’ont même pas été mises à disposition des élus municipaux berruyers. Destinataire de l’une d’entre elle grâce au conseil départemental, j’ai proposé à mes amis socialistes que nous la transmettions hier, pendant le conseil, aux élus de la droite municipale. Manifestement, ils étaient plutôt contents de l’avoir !!! Elle révèle un taux de vacance très élevé (à 17 %) et chiffre le besoin de financement à 45 millions. 30 millions pourraient être trouvés dont 15 venant de la Caisse de Garantie du Logement Locatif Social (CGLLS) : qu’on ne nous dise pas que l’échelon national n’aide pas la ville ! Mais il faut encore en trouver 15 de plus, à répartir entre Bourges et Bourges Plus. Les négociations sont manifestement laborieuses.

Et pendant ce temps, trop de locataires subissent un cadre de vie très dégradé dans un office qui n’a plus un sou pour nettoyer une cage d’escalier, remettre une vitre sur une fenêtre brisée ou condamner la porte d’un appartement vide et régulièrement squatté.

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