Irène Félix

Conseillère départementale du Cher, Conseillère municipale de Bourges

49-3

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A nouveau, le blocage. A nouveau, le 49-3. Je ne sais dire combien je suis consternée par la fracture qui ne cesse de s’approfondir au sein du groupe PS de l’assemblée nationale.

La loi El Khomri, dans sa première version, ouvrait bien trop de brèches dans les protection des salariés. La création du Compte Personnel d’Activité, trop pauvre, ne faisait pas l’équilibre. Il n’aurait jamais dû y avoir cette première version. Sur ce point, le gouvernement a été soit trop sûr de lui, soit provocateur.

Mais cette première version a évolué : du fait des échanges avec les syndicats et les associations de jeunesse et du fait du travail parlementaire, la commission et le rapporteur, Christophe Sirugue, ayant fait un très gros travail. Il n’est pas possible de soutenir que le gouvernement aurait refusé tout dialogue. Apprentissage, prud’hommes, définition du licenciement économique et de son périmètre, garantie jeunes, compte personnel d’activité : de nombreuses évolutions ont été actées. D’autres le seront encore.

Ce qui bloque toujours, c’est la hiérarchie des normes entre accord d’entreprise et accord de branche et c’est donc le lieu où s’exerce la démocratie sociale. Les amendements proposés par Christophe Sirugue offrent heureusement quelques utiles garde-fous. Mais au fond, près de 40 ans après, c’est le rocardisme – dont nous avons toujours craint qu’il soit idéaliste ou naïf quant à l’équilibre des forces entre salariés et patronat dans l’entreprise – qui a gagné sur le mitterrandisme. On le savait un peu. C’est le contrat avec la loi, les partenaires associatifs et sociaux autant que la puissance publique et les élus, l’entreprise et moins l’Etat dans une économie sociale de marché, l’appel à la « participation » des citoyens et des salariés pour ce qui les concerne, une décentralisation assumée, dans une société éduquée et formée comme jamais. Au sein du PS, ce n’était pas historiquement mon option. Il est cependant très outrancier de confondre cela avec une idéologie de droite.

Mitterrand et Rocard ont eu la sagesse de s’allier et de cohabiter, malgré des relations parfois glaciales. Ce que je reproche profondément à quelques députés, c’est leur préférence pour la radicalité de leur position individuelle au détriment de la cohésion collective. Ils sont donc 28, sur plus de 270, à vouloir aujourd’hui la chute du gouvernement Valls. Quand, dans un groupe, on ne représente qu’une si petite minorité, certes capable d’une forte nuisance, est-on fondé à en faire usage ? Et que construira-t-on demain, à gauche – mais à droite de même – s’il n’y a plus de cohésion de groupe (je préfère ce terme à celui de « discipline de groupe », mais c’est au fond la même chose) ? Il ne suffit donc pas que la politique, et surtout les politiques, soient à ce point décriés. Faut-il en les acculant à l’impuissance, les affaiblir encore ?

Pourquoi enfin et au nom de quoi 90 % du groupe socialiste devraient-ils subir l’insulte en se faisant traiter de « godillots » par les 10  restant ? N’y a-t-il pas une indécente suffisance de la part de ceux qui tiennent ces propos ?

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