Irène Félix

Conseillère départementale du Cher, Conseillère municipale de Bourges

20/10/2017
de irenefelix
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Aide sociale à l’enfance : d’où qu’ils viennent, les enfants doivent être protégés

Les sessions des assemblées départementales se concluent fréquemment par des vœux. En ce 16 octobre, trois vœux étaient en débat : celui du groupe socialiste pour déplorer la baisse des emplois aidés ; celui du groupe communiste pour défendre l’hôpital de Vierzon ; celui de la droite pour demander à l’Etat de reprendre à sa charge la protection des mineurs étrangers non accompagnés.

Les deux premiers n’ont guère fait débat : ils ont été adoptés à l’unanimité. Pour le troisième en revanche, il me semblait important d’éclaircir une ambiguïté.

Les mineurs étrangers présents en France sont toujours, dans notre pays, considérés d’abord comme mineurs. Il faut que cela reste le cas. Comme mineurs, ils relèvent des services de protection de l’enfance qui sont, depuis 1983, des services départementaux. Ces services ont une expertise, une compétence, un métier, qui les conduit à travailler toujours dans l’intérêt de l’enfant.

Le nombre de mineurs étrangers isolés en France a fortement augmenté au cours des dernières années : arrivés des zones de conflits, des pays très pauvres, envoyés par leurs familles pour être à l’abri, jeunes filles ayant fui des mariages forcés, des mutilations ou mauvais traitements, chacun a son histoire. La charge pour les départements a, en conséquence, fortement augmenté : nul ne peut le nier. Des filières jouent des rôles contestables et parfois détestables.

Si ces jeunes sont effectivement reconnus comme mineurs, ils restent à la charge et sous la protection du département. Dans le Cher, des formes d’accueil adaptés ont été développées pour leur permettre d’être scolarisés ou de faire un apprentissage et de faire les démarches nécessaires pour rester (ou pas) en France à leur majorité.

Le vœu de la majorité départementale était de demander à l’Etat non seulement la compensation financière de ce coût croissant – ce que nous soutenons – mais plus largement le désengagement des services départementaux d’Aide Sociale à l’Enfance.

C’est une proposition que je ne peux pas soutenir. Elle consiste, en somme, à considérer que ces enfants et adolescents sont étrangers avant d’être mineurs. A les traiter comme des adultes plutôt qu’à les protéger comme des enfants.

La question financière est sérieuse et doit être traitée. Mais elle ne peut nous faire renoncer à une position éthique que je juge première : d’où qu’ils viennent, quel souci avons-nous des enfants ?

18/10/2017
de irenefelix
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Le service public en question au conseil départemental

Le conseil départemental s’est réuni lundi dernier. Au cœur des débats, le service public et l’intervention publique.

Les fonds sociaux pour le logement et pour l’aide aux jeunes ne seront pas utilisés cette année et les lignes budgétaires ont donc été réduites. Bonne gestion ? Peut-être. Il me semble qu’une part au moins de cette marge de manœuvre budgétaire aurait pu être utilement utilisée pour renforcer les actions d’accompagnement dans le logement. Le but serait de mieux prévenir les difficultés à habiter sereinement un logement (rythme de vie, gestion du bruit, gestion des déchets, hygiène, paiement des loyers, …) et d’éviter des conflits de voisinage. Ce travail existe mais on constate fréquemment qu’il mériterait d’être renforcé. De même, pour les jeunes, soutenir quelques actions en faveur de l’accès à la culture des plus fragiles et précaires d’entre eux aurait sans doute été opportun.

Un dossier a fait débat : celui des dotations de fonctionnement pour les collèges. Le nouveau règlement d’attribution nous est présenté comme une répartition différente entre collèges, sans modifier le montant total affecté. Nous craignons qu’il ne s’agisse, en fin de course, que d’une habile façon de baisser l’ensemble des dotations.

Un petit mot enfin sur le nouveau règlement de la voirie départementale. Outre le fait qu’il n’intègre pas de façon très volontariste des éléments de développement durable que nous attendions (par exemple la création d’aires de covoiturage en bordure de routes départementales), il diminue le rythme de surveillance passive des routes. La droite a beau s’en défendre : il me semble qu’il y a bien là une baisse du service public !