Irène Félix

Conseillère départementale du Cher, Conseillère municipale de Bourges

13/11/2018
de irenefelix
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Bourges : les associations dans des conditions trop précaires

Gouverner c’est prévoir. Et gérer c’est choisir. L’état lamentable dans lequel se trouvent les « installations » mises à disposition du club de foot des Justices, à Bourges, illustre le choix qui a été fait en défaveur des équipements de proximité.

Le mur du vestiaire est enfoncé. Les plafonds, dont je ne saurais dire de quel matériau ils sont faits, sont rapiécés. Des baguettes pendouillent. L’électricité correspond sans doute à une norme ; il est difficile de dire de quel siècle. Les douches, peintes avec beaucoup d’inspiration dans une espèce de gris très sombre, sont d’un autre âge. Le secrétariat, sans ouverture, est exigu. Le local de rangement, en terre battue. L’eau ruisselle sur les poteaux des murs du club house. Les efforts du club pour y créer un peu de convivialité sont méritoires.

Si cet équipement était le seul dans cet état, on dirait que les jeunes footballeurs des Justices n’ont pas eu de chance. Mais les équipements en fort mauvais état à Bourges sont nombreux. Le centre aéré des Bouloises, le club house du stade Delval à Asnières, des gymnases, des écoles, …

C’est bien un choix qui a été fait depuis une quinzaine d’années. Celui du rêve de grandeur contre la vie au quotidien et contre la protection de l’avenir, celui de la planète comme celui des jeunes. Je l’ai dénoncé souvent : mais les équipements de proximité sont, par définition, dispersés dans les quartiers. Il faut du temps pour que s’impose à tous cette évidence. Les choix n’ont pas été les bons.

Et l’on comprend sans doute mieux, avec le recul, pourquoi nous avons stoppé avec détermination la construction d’un nouveau Palais des sports et dit nos réserves sur l’agrandissement du Prado et pourquoi nous avons dénoncé avec la plus grande force les options prises pour la maison de la culture. Ou encore pourquoi je vais être très attentive aux propositions qui seront faites pour le centre ville. Il va falloir être efficace sur ce dossier sans être excessivement dispendieux.

D’ici là, coup de chapeau aux associations qui s’occupent des jeunes au quotidien.

NB : photos à voir sur ma page Facebook.

11/11/2018
de irenefelix
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11 novembre 1918 – 11 novembre 2018

Dans toutes les villes et dans tous les villages de France, sur les chaînes de télévision, on commémorait aujourd’hui le centenaire de l’armistice de la grande guerre. A Bourges, la cérémonie, sous un beau soleil d’automne, n’avait rien d’exceptionnel si ce n’est la présence plus nombreuse qu’à l’habitude des enfants des écoles et, partant, de leurs parents. Je salue la très belle lecture du message de l’UFAC faite par les collégiens de Jean Renoir : une diction parfaite.

Cette guerre, qu’aucun de nous n’a vécue, a marqué nos esprits à travers les générations. Aucune guerre, me semble-t-il, n’a été relatée par autant de témoins de première ligne. Carnets et lettres des poilus à leurs proches sont des témoignages d’une exceptionnelle humanité.

En 2005, les lettres et carnets d’un de mes arrière-grands-pères, écrites entre 1914 et 1916, avaient été rassemblées et éditées par un cousin de ma mère. Je les avais lues avec intérêt d’abord, avec atterrement et effroi ensuite, tant elles montraient l’incompréhension montante des hommes face aux ordres qu’ils recevaient, leurs conditions de vie de plus en plus dures, le sens de la guerre qui se perdait au fil des mois passés dans les tranchées et des camarades déchiquetés, le courage qui cédait face à la peur de mourir, le soulagement, enfin, quand au début de l’année 1916, mon arrière-grand-père avait été envoyé à l’arrière exercer ses talents de chimiste dans une poudrerie.

J’ai ressenti la même gravité devant les autres témoignages dont j’ai pu prendre connaissance. Ils exercent sur moi une forme de fascination. Ils rappellent les sacrifices insensés qui ont été demandé à toute une génération, à travers le monde.

Alors oui, quand on balaye d’un revers de la main l’argument de la paix, parlant de la construction européenne, je pense à eux. A ceux de 40 aussi, évidemment. J’enrage de tant d’amnésie et de désinvolture. Notre génération, celle qui nous suit, doivent, encore et toujours, œuvrer à la paix. C’est à dire à la justice.